Je dois en parler, j'en rêve la nuit, ça m'obsède toute la journée, j'en peux plus de ces visions d'horreurs.

Je veux parler d'un traumatisme plus répandu qu'il n'y parait. Tout le monde a traversé cette épreuve ou en a été témoin, lors d'un séjour dans un hôpital ou une clinique.
Vous l'avez sûrement deviné, je veux parler du voisin de chambre "gros boulet", cette personne que l'on croisera qu'une seule fois dans sa vie mais qui malgré tout, hantera nos pensées pour le reste de notre existence.

C'est le fameux voisin de chambre qui n'est pas encore présent dans la chambre quand on y entre, aussi malin que stratège. Évidement qu'il doit se cacher avant notre arrivée, ça serait trop facile de le fuir si on le voyait dans la chambre à notre arrivée.
On le devine en entrant, ses chaussons sont en vrac dans la chambre, le lit défait comme si un match de catch avait eu lieu dessus, y'avait même pour ma part, encore une grosse touffe de poils aux pieds d'une chaise, l'infirmière a bien entendu essayé de me rassurer en disant qu'elle engueulerait ses collègue, mais je sais très bien que tout a été organisé par le gros boulet.

Après une heure dans la chambre a imaginer le pire, il arrive enfin sur son lit, "fraîchement" sorti de la salle de réveil encore en train de ronfler telle une locomotive entre deux sursaut de lucidité.

Le gros boulet n'aime pas les hôpitaux "les docteur et lui ça fait deux !" C'est pour ça que l'on entendra cette phrase toutes les 10 minutes.
Tandis que nous, on cherche par tout les moyens à ne pas monter ses fesses avec cette blouse d'opération qu'on a du mal à fermer grâce à cet unique bouton dans le dos, le gros boulet montre son cul et ses bourrelets ostensiblement, au moindre mouvement, c'est le clair de lune à toute heure.

Le gros boulet veut aussi sortir le plus tôt possible de cet endroit, il n'aime pas les hôpitaux, ni les médecins, qui n'ont rien à lui apprendre d'ailleur, il sait très bien quand ça va ou quand ça va pas, pas besoin d'un merdeux en blouse pour lui dire.
Dès que sa famille arrive, il est prêt à partir, nous remontre son cul en s'habillant, mettant dans l'enbaras sa famille, nous on s'y est fait, même si ça reste dégueulasse.

Le gros boulet n'a pas besoin d'une infirmière pour enlever ses perfusions, du coup il arrache ses "putin de tuyaux" tout seul. On a presqu'envie de le prévenir que ça va pisser le sang partout, mais non, il va le découvrir tout seul, on a bien découvert son cul, il peut bien découvrir des choses lui aussi. Forcément ça loupe pas, dès qu'il enlève ses perfs, le sang gicle, comme ci même ses globules en avaient marre de ce corps de boulet.Par contre, quand l'infirmière le dispute, il joue au petit enfant et raconte que les fils se sont arrachés tout seul suite à un faux mouvement...Je crois que le comportment du gros boulet n'est qu'en fin de compte qu'une histoire de peur, et rien d'autre.

Pour ma part, j'ai même pas pleuré !!! j'ai 4 nouvelles cicatrices, perdu un petit de ma beauté, 4 grains exactement mais je vais enfin pouvoir me raser sans jouer au slalomeur.